Malou et JeanPaul sont posés, depuis l'été 2010, sur l'île de Mayotte… Nous sommes installés dans un chalet situé à Florence près de Dembéni, au milieu de la végétation tropicale. Depuis ce confetti mahorais et son lagon, nous vous invitons à partager avec nous les lumières de l'Océan Indien…
La Beauté…
"Dans nos ténèbres,
il n'y a pas une place pour la beauté.
Toute la place est pour la beauté."
René Char
Feuillets d'Hypnos
***
"Il ne faut pas jeter les rêves
parce qu'on n'a pas su les raconter,
il faut les façonner
jusqu'à ce qu'ils trouvent les mots
et l'auréole qui leur conviennent."
Gianni Celati
L'almanach du paradis
***
"La beauté n'est pas dans les choses,
elle est en nous
dans notre regard…"
François Cheng
Cinq méditations sur la beauté
lundi 30 mai 2011
La presqu’île de Bouéni
C’est un endroit magique ! Aussi nous y sommes allés à deux reprises en une semaine.
Dans le cadre d’une Classe Marine, nous avons accompagné les 28 élèves de CM2 A de l’École de Dembéni, pour trois jours de découverte à Hanyoudrou dans la baie de Bouéni : au sud/ouest de l'île, le nez de l'hippocampe.
Avec la participation active deZaliata et de Tadidjine de l’association TAMA, et de Steve (collègue de Malou), filles et garçons ont découvert la mangrove de Poroani (voir le message du blog de décembre), les padzas de Dapani (voir colonne de droite du blog), la joie du kayak, les surprises de l’écriture poétique, les nuits courtes sous la tente…
Fin mai, nous avons parcouru, avec une dizaine de randonneurs, les pentes des monts Ngoujou et Boungoudranavi (266 m) avec
des vues magnifiques sur le lagon, la baie de… Bouéni, les récifs coralliens tout en empruntant pistes, sentiers étroits, chemins de zébus. Nous avons constaté l’agression des cultures sur brûlis sur la forêt primaire (elle ne représente plus que 8% de la surface insulaire ! Voir message de février avec les orchidées) et l’abandon de la culture du poivrier, du caféier, du giroflier… Puis quelques surprises : ce baobab nu et solitaire, ce champ de salades sur une mare…
Libellés :
Bouéni : "femme" en shimaoré…
samedi 21 mai 2011
Nyambo Titi : Petite-Terre
Pour se rendre à Petite-Terre (10 km²), depuis Grande-Terre (365 km²), une seule solution : la barge. On l’emprunte dès son arrivée à Mayotte : l’aéroport de Pamandzi étant situé sur cette île distante de 2,6 km de Grande-Terre. À l'origine, la traversée s'effectuait par des boutres. Cette barge (15 mn de traversée, une navette toutes les demi-heures) est le premier service de ferry de France avec plus de 4 millions de passagers par an ! Un pont (à l'image de l'île de Ré !) est en projet afin de relier les deux îles de Mayotte.
D’origine volcanique et appuyé sur la barrière corallienne, l’îlot de 4 km de long a deux attraits naturels essentiels : le lac de cratère du Dziani Dzaha et les plages de Moya. Lors de randonnées nous avons découvert ces beautés naturelles.
Le lac Dziani est posé dans un cratère effondré ; il témoigne du volcanisme qui a fait surgir Mayotte du fond de l’Océan Indien. Sa couleur émeraude, son eau sulfureuse en font un lieu sacré (on peut voir sur ses pentes plusieurs lieux de cérémonie dédiés aux djinns). Déambuler sur le chemin de crête du cratère, en faire le tour
au soleil couchant, caresser des yeux les courbes des sommets de Grande-Terre et toute la place est pour la Beauté…
Par différents sentiers — bordés de cultures vivrières : bananes, manioc, embrevades (variétés de pois) — on peut atteindre les plages de Papani au pied de sa falaise (où, malheureusement, le braconnage des tortues est encore présent) et de Moya avec sa double baie. Ces deux anses sont les vestiges de cratères qui ont perdu la bataille contre les marées du large. Et nous avons assisté à une nouvelle ponte des tortues sous les étoiles…
mardi 10 mai 2011
Joyeux Anniversaire, Malou !
Malou lumineuse, est fêtée
toute la journée…
Et le soir vers 19 heures
c'est un apéro chorale
sur la varangue
Djamilat, Samir, Liliane
Joanna, Mahé, Léo,
Lucas, Gussie et Dom
sont venus chanter
un texte inédit
et partager notre bonheur…
Non, ce n’était pas le chalet
De la montagne, ce chalet
Qu’on se le dise au fond des ports
Dise au fond des ports
Ils naviguaient en pèr’ peinard
Au bord de l’Océan Indien
Et s’app’lait les copains d’abord
Les copains d’abord
Leur p’tites soirées tarot/gnocchi
C’est toute une philosophie
N’en déplaise aux p’tits Mahorais
Et leurs p’tits voulés
La p’tite Malou et son JiPé
N’étaient pas des enfants d’salauds
Mais des amis franco de port
Des copains d’abord
C’étaient pas des anges non plus
L’Évangile, ils l’avaient pas lu
Mais ils s’aimaient toutes voiles dehors
Toutes voiles dehors
Domi, Gussie et leur tribu
C’étaient leurs seuls voisins tordus
Avec la joie et tous à bord
Les copains d’abord…
Sous le soleil, au pays des merveilles, quel joli réveil !Virginie
Papillons, dauphins, baleines,
on s'en fout, c'est Maman qu'on aime !
Libellés :
Apéro chorale sur la varangue du chalet
Nyamba à N'Gouja (les tortues à…)
La veille déjà : « Il était là ce rocher tout à l’heure ? » me dit Malou allongée sur le sable… Le crépuscule s’installe, nous sommes seuls sous les baobabs… Je lève le nez de mon bouquin :
« Mais, c’est une tortue, ma Lou ! » Immobiles, nous avons suivi son approche du regard avant de l’aider à se dégager d’une barrière… Ces descendants de reptiles apparus voici plus de 250 millions, ont conservé une phase terrestre pour l’incubation des œufs. La femelle revient pondre sur la plage de sa naissance, à marée haute, la nuit tombée, et peut nager des milliers de kilomètres pour la retrouver…
Ce soir là, huit tortues vont venir chercher un nid afin de pondre sa centaine d’œufs ! Une seule a trouvé le cadre idéal : blottis dans le noir, sous la lune, nous avons attendu qu’elle creuse le puits de ponte. Plus de cent œufs de la taille d’une balle de ping-pong vont rester enfouis sous le sable durant deux mois environ. Un bébé sur cent deviendra une tortue adulte. Épuisée, elle retourne à l’eau, loin, très loin…
Libellés :
Les tortues aiment-elles le muguet ?
mardi 26 avril 2011
Pâques en blanc
(en shimaoré, Mtsanga Tsoholé :
« sable en forme de riz »)
est un banc de sable blanc,
un minuscule confetti du lagon,
situé à l'extrême Sud-Est
de Mayotte, à environ 1,7 km
de la pointe Sazilé.
C'est un reposoir de Sternes
et de Noddis : et quel spectacle
de voir ces oiseaux sous la lune
rassemblés sur la plage…
Eh oui ! Partages et Beautés
pour ces heures pascales
avec une douzaine d'aventuriers
sur ce récif de Sable Blanc
nu comme la paume de la main…
Nous y sommes arrivés vers 16 h,
le dimanche pascal : vent faible,
lumière douce annonçant
celles du couchant…
Très vite il est l'heure de prendre
l'apéro, les pieds dans l'eau,
sous des cieux colorés à la Sisley…
Et peu à peu, les étoiles
habillent les ténèbres :
Croix du Sud, Grande Ours,
Orion, Scorpion…
Alors, Malou nous emmène
sous un "Genévrier" imaginaire
pour un conte de Grimm…
Plus tard, après le dîner
et un bain de nuit fabuleux
au milieu du plancton fluorescent
Malou nous donne à voir Le Miracle du Lagon : "Il y a bien longtemps, sous la lune pâle, des hommes à bord d'une lourde pirogue s'échouèrent sur une île aux contours d'hippocampe…"
À l'aube, le soleil joue à cache-cache avec les grains ! Le ciel pleure de grosses larmes chaudes…
L'île de Mayotte a disparu de notre horizon, happée par les nuées ; seul le crocodile de Sazilé nous signale que nous n'avons pas dérivé sur les flots de l'Océan Indien…
Puis l'or matutinal réapparaît ! Les flots verts nous réveillent un peu plus… Les côtes se redessinent peu à peu…
Alors nous effaçons nos traces éphémères sous un soleil pascal joyeux, avant d'aller saluer les poissons du tombant de l'îlot Bambo et de retrouver le ponton de Mamoudzou avec des scintillements de Sable Blanc dans les yeux…
vendredi 22 avril 2011
Kashi-kazi et kusi
L’île hippocampe compte deux saisons. Khashi-kazi : saison des pluies et Kusi : saison sèche. Le climat de Mayotte est régi en été — d’octobre à mars — par le régime de la mousson venant du Nord : c’est la saison des pluies, saison la plus chaude (plus de 30°C le jour) avec un taux d’humidité important (jusqu’à 95%) et les jours sont un peu plus longs (de 5 h à 19 h). Notre premier été tropical a été modéré : des pluies régulières, tout juste suffisantes (pour les nappes phréatiques) et des températures tout à fait supportables (nous avons connu des températures plus élevées en Avignon, lors du festival, !). Et nous avons pu nous baigner presque tous les jours avec une eau entre 25° C et 28° C !
D’avril à septembre, c’est l’hiver ! Brrrrrrr : 20° C, comme minima en août… la nuit ! C’est la saison sèche avec encore quelques pluies ! Les vents alizés secs soufflent du Sud-Est et les jours diminuent (lever du jour à 6 h et tombée de la nuit rapide vers 18 h). Peu de signes de saisons intermédiaires : ah si, les baobabs commencent à se déshabiller et voici un arbre aux couleurs automnales sur la plage de Sakouli, à la mi-avril !
Libellés :
L'automne à Mayotte…
mercredi 13 avril 2011
Nisiona Nyora (je regarde les étoiles)
C’est la fête du ciel et des étoiles
sur la plage de Mutsangashedi
ce samedi 9 avril deux mille onze
sur la côte ouest de l'île
dans la Baie des Tortues
avec l’Association d’astronomie
de Mayotte : Nisiona Nyora
www.mayotte-astronomie.org
Rendez-vous avec le ciel austral
avec le lever de Dame Lune
avec Saturne :
la planète aux anneaux
avec la Grande Nébuleuse : pouponnière d’étoile…
le triplet du Lion et Régulus
la constellation de La Croix du Sud : la boîte à bijoux
la constellation de la Vierge et du Corbeau
la constellation de Centaure
la constellation du Scorpion
la constellation du Sagittaire
puis Vénus, le Trognon de Pomme, l’Anneau de la Lyre
et le Petit Nuage de Magellan…
Libellés :
Vue partielle du ciel austral
lundi 4 avril 2011
Malou, conteuse à Mayotte

Samedi 2 avril 2011, sur la grande terrasse
de l’IFM de Dembéni, Malou conte…
Une soirée organisée
par l’association Hippocampus.
La nuit est là, la température est douce,
le vent s'est endormi…
Grands et petits font cercle face au lagon…
les Contes venus d’Afrique arrivent…
Et pendant une heure, Malou,
suspendue aux étoiles,
nous a emmenés sous Le Baobab,
rencontrer Le Savant et le Roi, Les Mille Génies, L’Araignée, Le Roi fou, Le Partage des Oies,
Le Village sans nom
et autres Contes traditionnels d’Afrique…
Libellés :
Malou conte sous les étoiles…
jeudi 31 mars 2011
Mayotte : 101e département français
Ce printemps 2011, telle une hirondelle, annonce la naissance du cent unième département de la France. C’est ainsi ! Les Mahorais l’ont voulu et obtenu ; ils ont décidé de rester Français, de se séparer des trois autres îles de l’Union des Comores. Est-ce un bon choix ? L’avenir le dira…
Nous vous proposons deux points de vue :
Celui de Nassuf Djailani (déjà évoqué dans le blog lors du printemps des poètes), journaliste et poète, né en 1981 à Chiconi, sur la côte ouest de Mayotte :
« Aujourd’hui, je me dis que nous y sommes. La départementalisation est pire que le prince charmant, c’est une nouvelle religion. On y entre comme dans quelque de sacré. C’est comme le Beaujolais nouveau, on l’attend, mais on sait qu’on va être déçu.
Je constate juste que les marionnettistes ont réussi leur coup, les Mahorais sont comme des automates : aucune contradiction, aucun questionnement. Il faut peut-être laisser les gens expérimenter ça et aller jusqu’au bout de leurs erreurs. Cette croyance que les institutions, les aides sociale et les charters d’€uros vont apporter un mieux-être, est absurde !
Le rapport avec la France n’est pas très sain. C’est un rapport d’amant à maîtresse, vénal et intéressé. Les gens veulent la départementalisation mais seulement pour toucher les minima sociaux. Savent-ils au moins ce que sont les charges fiscales, les impôts sur le revenu, les taxes foncières ? ».
In MAYOTTE Albalad N° 175 du Vendredi 25 Mars 2011
Celui de Laurent Canavate, Directeur de publication de Mayotte HEBDO, pour qui la départementalisation est « Une super boîte à outils » :
« Il y a pratiquement tout ce qu’un bon ouvrier peut imaginer. Il y a tous les outils nécessaires pour le développement économique, social, culturel. Il y a des outils pour protéger les langues régionales, des outils pour aider les sportifs de haut niveau. Il y a ce qu’il faut pour faire disparaître l’analphabétisme, pour réduire à néant certaines maladies, pour prendre en charge les enfants abandonnés ou en difficulté.
Cette boîte à outils recèle des trésors insoupçonnés pour la promotion de l’essence d’ylang, pour la diffusion au cinéma de films d’auteurs, pour mettre en place des formations de haut niveau à Mayotte…
Tout cela et tant d’autres choses sont faisables… à condition de s’y mettre. (…) Un artisan restant assis à côté de sa boîte à outils ne verra pas la maison se construire. Il peut avoir les meilleurs outils du monde, ils ne lui serviront à rien s’il ne travaille pas, s’il ne sait pas les utiliser (…).»
In Mayotte HEBDO N° 514 du Vendredi 25 mars 2011
jeudi 24 mars 2011
Archipel à venir…
Libellés :
Éclairer le chemin de vie et d'écriture…
vendredi 18 mars 2011
Le Printemps des Poètes à Mayotte (2011)
Îles cicatrices des eaux
Îles évidences de blessures
Îles miettes
Îles informes
Îles mauvais papier déchiré
sur les eaux
Îles tronçon côte à côte fichés
sur l'épée flambée du Soleil
Îles annelées, unique carême belle
Et je te caresse
de mes mains d’océan
Et je te vire de
mes paroles alizées
Et je te lèche
de mes langues d’algues…
Aimé Césaire
Cahier d’un retour au pays natal
Cette année, le Printemps des Poètes propose de faire (re)découvrir la poésie des Outre-mer. « Dévorer la langue française comme si c’était une noix de coco » telle est l’invitation faite par Nassuf Djailani, poète mahorais, aux écoliers de l’île aux parfums. Avec Chantal Dupuy-Dunier (venue de Cronze en Haute-Loire, pour qui la poésie se vit intensément, amoureusement…), il est le parrain du treizième Printemps des Poètes : l’occasion de dire que la poésie est vivante, qu’elle peut être une arme en tant que citoyen, qu’elle permet de se définir dans sa présence au monde…
Sur le confetti de l’Océan Indien, 1500 élèves ont participé au concours de création poétique placé sous le signe de l’Outre-mer : « D’infinis paysages ». Ils sont invités à se faire passeurs de poèmes, à découvrir des textes ultra-marins ou à écrire dans les pas d’Aimé Césaire…
Libellés :
Quelques infinis paysages mahorais…
jeudi 10 mars 2011
Mayotte, Nice, Nîmes, Lutèce… Mayotte

Les premiers signes du printemps nous ont accueillis sur l’hexagone : mimosas, amandiers, forsythias, crocus, jonquilles en fleurs.
Puis, à Nice, Firminy, Alès, Nîmes, Paris, nous nous sommes laissés bercés par la chaleur et la joie de nos hôtes, parents, enfants et petits enfants, ami(e)s :
Lola, Stéphane, Georgette, Raymond et Annick, Gislaine et Éric, Alice, Joëlle, Viviane, Marie et Attilio, Joëlle et Jean Marc, Sylvie et Jean, Philémon, Virginie et Jean Lou, Adrien, Pascal et Marthe, Oriana, Arnaud, Matthieu, Gaby et Robert, Léna et Alexis, Maxime, Laure et Julien, Capucine, Anne et Jean Daniel, Sophie et Cyrille, Chantal, Liliane et Marie Hélène…

Nous avons aussi régalé nos papilles avec des saveurs en sommeil depuis notre départ pour l’Océan Indien : brandade de Nîmes, dos de cabillaud en papillotes, épaule d'agneau, confits de canard aux châtaignes, aïoli, buffet de Puteaux, potée de Montreuil, lapin aux champignons et pois gourmands, tarte aux pommes et flan maison, macarons et calissons…
Aujourd’hui, nous regagnons notre chalet florentin sur le confetti mahorais, avec au chaud dans le cœur, la beauté de ces moments partagés. À bientôt…
Façade jaune jonquille
Miss Malou se balance au store
et le vent d'hiver malin
s'amuse dans les ruelles
à la lisière des yeux
entre hier et demain
le charme du clin d'oeil
s'envole comme un parfum
jeanPol
dimanche 27 février 2011
Pause zen…
Nous voici depuis six mois sur le confetti mahorais. La saison des pluies s'installe en douceur : grosses averses, orages nocturnes, températures acceptables… Il est vrai que le chalet est bien ventilé, et que sans clim' et avec très peu de ventilateur, une varangue nord est, nous vivons bien notre premier été tropical. Nous quittons l’île aux parfums pour une escapade vers l’hexagone : Nice, Nîmes et Lutèce… pour des partages joyeux avec proches et ami(e)s… Retour sur le confetti mahorais vers le 10 mars. L'hiver tropical approche…

Je glisse, lignes réglisse
le long des flots bleus
ombres/palmiers le long
des ports assoupis
je relis Tes mots savane
colombes du désert
Nous Deux poissons
hors du nid/chalet
Tu souris : lumière de
la varangue au baobab
je relis Tes mots lagon
glissons à l’unisson…
jeanPol
Je glisse, lignes réglisse
le long des flots bleus
ombres/palmiers le long
des ports assoupis
je relis Tes mots savane
colombes du désert
Nous Deux poissons
hors du nid/chalet
Tu souris : lumière de
la varangue au baobab
je relis Tes mots lagon
glissons à l’unisson…
jeanPol
samedi 12 février 2011
Port imprévu…

Voici un an, nous étions en Bretagne sud, entre Vannes et Nantes, à Kerkabellec, chez Martine et Martin. Malou, dans le port de Piriac, face au large, ne savait pas encore que six mois après, elle allait s'envoler pour Mayotte…
Une pluie légère de fin d’été. La poussière jaune du soufre s’efface, discrètement, sous l’effet des gouttes rondes. Les feuilles du carré de vigne reverdissent peu à peu. Elle avance sur le chemin de terre. Près d’un cabanon, quelques outils sans âge reposent sur un amas de sarments déjà secs. Je l’ai vue sortir de la maison aux volets blancs. Elle a rangé quelques petits meubles dans le coffre de la voiture rouge, deux ou trois bagages ont comblé les espaces restants. Elle a démarré lentement. J’aime la présence de ce carré de vigne entre nos deux maisons. Elle aussi, m’a-t-elle encore dit hier soir, au couchant.
Regarder le ciel nuit et jour
ne jamais perdre des yeux son étoile…
Je prends la route en pente douce. Un timide arc-en-ciel nimbe la vieille chapelle. Butte témoin d’une époque romane, accent circonflexe sur le pic volcanique. J’ai le sentiment d’abandonner mon voisin et son carré de vigne. Je me souviens de sa voix « Ici, les pèlerins empruntaient le déambulatoire… », il emmenait chaque année le club du troisième âge : chapiteaux polychromes et fromage fermier, les deux points forts du week-end auvergnat à Saint Nectaire. Toujours, le long week-end de Pentecôte. Le « clube », comme il aimait à dire, devra trouver une autre animatrice. Je m’en vais vers l’ouest, la Bretagne m’appelle…
J’écoute la longue histoire
de chaque pierre du chemin…
Bonjour Claire… C’est Jeanne ! J’espère que les fraisiers donnent bien malgré ta terre argileuse. Je viens d’avoir une proposition intéressante. Une petite boîte bretonne. Reliure et diffusion. Envoie-moi une carte du Prado. Tu me raconteras Les Ménines. Salue Marc et les enfants. Je t’embrasse. À plus. Cinq fois, j’ai écouté son message. Bu une gorgée de thé glacé après chaque sifflement du répondeur. Puis j’ai effacé la bande. Suis-je surprise ? Je la connais depuis la fac… Dans le jardin, quelques fraises se risquaient hors des feuilles fatiguées. Jeanne les aurait trouvées ridicules. Elle m’avait donné quelques stolons à l’automne dernier. Tu sais, la fraise n’est qu’un simple porte fruits, avait-elle murmuré en déposant la cagette sur le gravier. Essaie toujours ! Une terre noire mouillait le papier journal autour des mottes. Un mois après, les jeunes plants faisaient toujours la grimace. L’argile de notre terrain peut-être.
Apprendre à cueillir délicatement
la caresse de chaque fruit…
Et voici qu’elle m’annonce son départ vers l’ouest : elle en parlait depuis des années d’aller se poser en Bretagne. Chaque fois que nous l’invitions à dîner, « sa Bretagne » revenait au centre des échanges : je suis amoureuse de cette terre, vous comprenez ! Ce mariage du granit et de l’océan est magnifique ! Et les lumières changeantes, ces nuages en perpétuel voyage, cette odeur d’iode comme un parfum m’irradie tout le corps ! J’ai découvert cette terre magique à vingt ans ! Le coup de foudre ! Valise collée au sol, je ne pouvais plus quitter les clins d’œil du phare de l’île de Groix ! Ce soir là, j’ai su que c’était ma terre… J’attends le bon moment ! C’est tout ! Un jour viendra. Je sais être patiente… Je vous ferai signe !
Je suis un simple voyageur
vêtu d’un peu d’ombre de la nuit…
Je suis arrivée hier soir ! J’ai traversé la moitié de l’hexagone en une douzaine d’heures. Ce que la radio peut bégayer ! Toutes ces paroles vaines ! Le monde va donc si mal que ça ! Et j’ai eu la flemme d’ouvrir une valise pour choisir un CD ! Un peu de jazz dans la nuit m’aurait allégé le temps et l’espace ! L’album The melody at night with you a l’art de me mettre en apesanteur : je peux rouler toute une nuit avec Keith Jarrett en boucle, sans jamais sentir la moindre fatigue. Be my love, du velours, des étoiles entre les oreilles ! Là, assise au bord de l’océan, quelques mouettes, un peu de vent, un léger clapotis et ce parfum d’iode me signalent que je suis à un bout de mon chemin de rêve, face au large…
Guidée par la rumeur des vagues
au pied d’une balise verte, suis-je posée ?
Allo Claire, c’est Jeanne ! Vous n’êtes peut-être pas encore rentrés de votre périple ibérique ! Alors ces Ménines ! Tu nous en as tellement parlé ! Il n’y avait que deux sujets lors de nos belles soirées : Le Musée du Prado avec ses fameuse Ménines et ma Bretagne ! Ce que j’ai pu vous gaver avec les lumières du couchant sur l’océan, le phare d’Eckmül’, l’île d’Ouessant, la pointe du Raz, l’Aber Wrach’, Houat et Hoëdic, la baie d’Audierne, la presqu’île de Crozon, Saint-Thégonnec, les enclos paroissiaux, les landes du Cap Fréhel…
Je ne sais à quelle adresse tu m’as envoyé la carte postale, mais elle ne va pas me retrouver de sitôt… En musardant dans le port cet après midi, j’ai rencontré une équipe de marins… Et demain, je pars sur leur cargo vers l’Océan Indien ! Ils m’ont parlé d’étapes à Zanzibar, Madagascar, Mayotte… Tu connais ?
Je marche sur un chemin qui ne mène à rien,
sauf à des ports imprévus…
jeanPol
Février 2011
samedi 5 février 2011
Une forêt primaire
"… enfoui au cœur des choses
et du temps qui s'écoule
qui donc s'est égaré
sur le chemin sans nom
à la brume bue
au creux du plus haut pic
invisiblement se glisse
un rayon de soleil pâle
ce monde est tel qu'il est
depuis qu'il n'a plus d'âge
pareil au bruissement de l'aube
le rire neuf de l'éveil"
Yves Moatty
Aux rives de l'outre rêves
Fin janvier, alors que la saison des pluies se poursuit, nous avons bénéficié d’un temps idéal pour aller découvrir, avec l’Association Les NATURALISTES, Environnement et Patrimoine de Mayotte, une partie de la forêt primaire, sur les pentes du Mont Mtsapéré (572 m). À l’ouest de Mamoudzou, une route conduit jusqu’à la Maison du Gouverneur construite dans les années 1880. Elle permettait une «convalescence» supportable dans cette zone tropicale aux militaires en poste. De là, nous avons pris une piste dans ce qu’il reste de la forêt primaire à la découverte des bégonias (begonia comorensis), des orchidées (eulophia pulchra), et autres essences… La nature est reine, libre ; seuls les chants des oiseaux et le concert du vent dans les bambous se mêlent aux senteurs sauvages…
samedi 29 janvier 2011
La clef des songes
Cinq mois déjà et combien de
minutes, je vous laisse calculer
sur vos doigts ou dans votre tête
le total importe peu car ce
coin de paradis se passe
d'une opération et plus encore d'une
table d'addition et de multiplication
pour savourer ces lieux enchanteurs et
vous donner une idée du Non-Temps, c'est à
dire du sentiment d'éternité rencontré ici,
à Mayotte. Entre soleil et vent, pluie et plage
tous les instants sont reliés au Tout et Rien
bonjour pour moi au chronomètre, horloge, calendrier...
de tous ces instruments nul besoin dans
l'Océan et encore moins dans le lagon vert qui n'a rien d'
Indien mais où l'on dort si bien !
Malou
28 janvier 2011
minutes, je vous laisse calculer
sur vos doigts ou dans votre tête
le total importe peu car ce
coin de paradis se passe
d'une opération et plus encore d'une
table d'addition et de multiplication
pour savourer ces lieux enchanteurs et
vous donner une idée du Non-Temps, c'est à
dire du sentiment d'éternité rencontré ici,
à Mayotte. Entre soleil et vent, pluie et plage
tous les instants sont reliés au Tout et Rien
bonjour pour moi au chronomètre, horloge, calendrier...
de tous ces instruments nul besoin dans
l'Océan et encore moins dans le lagon vert qui n'a rien d'
Indien mais où l'on dort si bien !
Malou
28 janvier 2011
mercredi 26 janvier 2011
Les chercheurs d'étoiles
MASCAREIGNES, nom d’origine portugaise, un certain Perdo Mascarenhas
a donné son nom à un archipel de l’Océan Indien à l’ouest de Madagascar…
Un drôle d’oiseau logeait sur l’une des îles, un drôle de cygne, avec un cul tout
rond et presque sans plumes, juste un duvet noir sur le corps… un coup de gourdin et
il passait à la broche… et très vite plus de dodo sur l’île Mauritius — parce que Mauri-
ce est le prénom d’un prince hollandais —, les Bataves ayant remplacé les Portugais.
Et, inutile de chercher trace de ce volatile chez Paul et Virginie en plein XVIIIe siècle.
En partant à la recherche de l’or du Corsaire, le grand’père de Jean Marie Gus-
tave quitte l’île aux badamiers, aux bois d’olive, de cannelle, de pomme, de ronde pour
retrouver les filaos encore plus nombreux ici, de l’Anse aux Anglais au Trou d’Argent.
Ocre rouge et désertique par plaques, vent par rafales sur les vacoas, terre sillonnée
de méridiens de rêves, la Cendrillon des Mascareignes est un grand village joyeux.
Rivière Banane nous accueille après une descente paisible depuis le Mont Lubin et
il fait bon saluer Marie-Jeanne, rayonnante dans son cabanon bleu, nous invitant à dé-
guster sa daube d’ourites délicieuse face au lagon ; à l’horizon rocheux : la Pointe Coton.
Une nuit nous a dévoilé — perchés dans notre nid d’aigles — ses richesses d’étoiles
et ainsi, d’un des lieux les plus proches du ciel, cher à Vénus, nous sommes partis
sur la route sans fin qui va de Sirius à la Croix du Sud, guidés par Minerve et Junon…
jeanPol
25 janvier 2011
a donné son nom à un archipel de l’Océan Indien à l’ouest de Madagascar…
Un drôle d’oiseau logeait sur l’une des îles, un drôle de cygne, avec un cul tout
rond et presque sans plumes, juste un duvet noir sur le corps… un coup de gourdin et
il passait à la broche… et très vite plus de dodo sur l’île Mauritius — parce que Mauri-
ce est le prénom d’un prince hollandais —, les Bataves ayant remplacé les Portugais.
Et, inutile de chercher trace de ce volatile chez Paul et Virginie en plein XVIIIe siècle.
En partant à la recherche de l’or du Corsaire, le grand’père de Jean Marie Gus-
tave quitte l’île aux badamiers, aux bois d’olive, de cannelle, de pomme, de ronde pour
retrouver les filaos encore plus nombreux ici, de l’Anse aux Anglais au Trou d’Argent.
Ocre rouge et désertique par plaques, vent par rafales sur les vacoas, terre sillonnée
de méridiens de rêves, la Cendrillon des Mascareignes est un grand village joyeux.
Rivière Banane nous accueille après une descente paisible depuis le Mont Lubin et
il fait bon saluer Marie-Jeanne, rayonnante dans son cabanon bleu, nous invitant à dé-
guster sa daube d’ourites délicieuse face au lagon ; à l’horizon rocheux : la Pointe Coton.
Une nuit nous a dévoilé — perchés dans notre nid d’aigles — ses richesses d’étoiles
et ainsi, d’un des lieux les plus proches du ciel, cher à Vénus, nous sommes partis
sur la route sans fin qui va de Sirius à la Croix du Sud, guidés par Minerve et Junon…
jeanPol
25 janvier 2011
mercredi 19 janvier 2011
Le naufrage du Saint-Géran
L’Isle de France entre dans la légende des drames de la mer en 1744. Le vaisseau Saint-Géran, parti de Lorient le 24 mars, arrive sur les côtes de l’île Maurice dans la nuit du 17 août. Le ciel est étoilé. La lune est radieuse. Le capitaine se laisse convaincre d’attendre l’aube avant d’aborder au port-Louis. Un cri sinistre à 2 h du matin : « Brisant à l’avant ! » Le vaisseau est trop près des côtes de l’île d’Ambre, au Nord Ouest. Le mât d’artimon coupé pour alléger le navire heurte le mât de misaine : les deux mâts, véritables béliers, crèvent les flancs du vaisseau. C’est le naufrage du Saint-Géran. Virginie est parmi les 200 passagers dans Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre. Paul assiste désespéré à la scène depuis les côtes de la Poudre-d’Or.
Libellés :
Virginie à bord du Saint-Géran…
mardi 18 janvier 2011
Le Butin de la Buse…
Au XVIIIe s, le célèbre pirate Olivier Le Vasseur, dit La Buse, s’empara des incroyables richesses d’un vaisseau portugais. Arrêté en 1730, il lança depuis l’échafaud un étrange parchemin dans la foule, doté d’un cryptogramme, en s’écriant : «Mes trésors à qui saura comprendre» ! De quoi aiguiser l’appétit et l’imagination de nombre d’aventuriers, car jamais ce fabuleux trésor n’a été retrouvé. Parmi les lieux de cache possible, on a évoqué l’Anse aux Anglais, au nord de Rodrigues, près de Port Mathurin. C’est en tout cas ce que pensait le grand-père de J.M.G. Le Clézio, qui consacra trente ans de sa vie à cette inlassable quête : allons relire Le Chercheur d'Or ainsi que Voyage à Rodrigues !
Libellés :
Le trésor est au fond de soi…
samedi 15 janvier 2011
L'île Rodrigues (25 dec 2010/1er jan 2011)
L’île Rodrigues ! 19° S / 63° E
La CENDRILLON DES MASCAREIGNES compte à peine 40 000 habitants, essentiellement créoles. Elle semble perdue au sein de son lagon deux fois plus grand qu’elle. 18 km de long sur 6,5 km de large. Notre nid — La Collinière, chez FiFi et Jacky et Camille leur fille — est situé au pied du MONT LIMON (398 m), le point culminant de l’île. Rodrigues, c’est un grand village, on voit l’Océan de partout ; à Maurice, nous avions loué une voiture, ici nous avons utilisé les bus qui sillonnent la campagne, loué un scooter rouge Ferrari et aussi marché d’une crique à l’autre ! Après Mayotte et sa végétation luxuriante, Maurice et sa soif de développement, Rodrigues déjà plus à l’est, se présente plus sauvage, plus aride et plus ventée.
« Pays pour le vent seulement. Les hommes, les végétaux, accrochés aux pentes arides, dans les creux des pierres basaltiques. Il y a un hors du temps, ici, à Rodrigues, qui effraie et tente à la fois… » J.M.G. Le Clézio, in Voyage à Rodrigues.
Le VENT nous a accueillis le premier jour et ne nous plus quittés ; c’est un vent musical, joueur avec les feuilles des vacaos et les aiguilles des filaos nombreux le long des plages. Et il nous a bercés chaque soir, dans le « nid d’aigle » après les dîners variés et goûteux (plats thaïs, tahitiens, rodriguais) préparés par Fifi. La table d’hôtes s’ouvre chaque soir avec le ti-punch de Jacky et se poursuit assez tard sous la varangue, à l’abri du vent.
Sur ces terres à la beauté minérale, point de grands sites ni de monuments ! Aussi, nous avons parcouru les routes étroites qui dévalent vers RIVIÈRE BANANE, BALADIROU et avons rencontré des RODRIGUAIS accueillants, souriants, courageux et amoureux de leur île. Et si les Mauriciens ont lutté pour se détacher du joug anglais — Maurice est indépendante depuis 1968 (Sir Seewosagur Ramgoolam devient le premier chef du nouvel État mauricien, ce docteur a rencontré Gandhi, Nehru, Tagore) et république depuis 1992 seulement —, les Rodriguais ont dû attendre l’an 2000 pour obtenir une autonomie et se dégager un peu de la tutelle mauricienne : leur première Assemblée régionale a été élue en 2002.
Et de nos déambulations entre Pointe Coton, Saint François, Trou d’Argent, Anse Bouteille, Anse Fémi, Graviers, Anse Mourouk, Baie aux Huîtres, Anse Quitor, nous gardons les SOURIRES de Marie Jeanne, Rose, Steeven, Florian, de l’hôte de la table Le Grand Lagon, des pêcheurs de la Baie Malgache et de la sortie à l’Île aux Cocos…
À l’ouest du lagon dans sa partie la plus large, deux langues de sable étroites : l’Île aux Sables et l’ÎLE AUX COCOS. Une heure trente de traversée pour atteindre l’Ïle aux «Œufs» puisque son nom est dû à la multitudes d’œufs. En effet, l’île étant Réserve naturelle, les nids et les oiseaux sont partout : atmosphère « Les Oiseaux » d’Hitchcock ! Le retour à marée basse s’effectue en partie à pied dans un lagon de moins de un mètre de profondeur (voir photo du 6 janvier).
Et puis, la veille de notre départ, nous avons appris que les autorités mauriciennes venaient de décider de « traîner le Royaume-Uni devant un tribunal international » afin de récupérer l’ARCHIPEL DES CHAGOS situé en plein centre de l’Océan Indien. Ces terres sont restées britanniques lors des négociations de 1968. Les « faux européens » que sont nos cousins anglais, se sont empressés de les louer aux États-Unis à des fins militaires.
Notre SAINT SYLVESTRE au COTTON BAY avec notre retour en SCOOTER DANS LA NUIT, SOUS UN DÉLUGE, fera l’objet d’un encart à droite…
vendredi 14 janvier 2011
L'île Maurice (19 au 25 dec 2010)
L’île Maurice ! 20° S / 52 ° E
Après une escale à La Réunion, nous voici sur un autre confetti de l’Océan Indien :
1865 km2 et 1 300 000 habitants. « L’ÉTOILE ET LA CLÉ DE L’OCÉAN INDIEN » est la devise de l’île Maurice. Nous sommes posés sur « Le Perchoir » (nom de notre case créole où nous avons fêté Noël) de « La Vieille cheminée » (nom du domaine) à CHAMAREL, au bord de LA PLAINE CHAMPAGNE, tout près du Parc national de Rivière Noire. C’est le « paysage d’antan », avant que l’homme n’y laisse sa marque ; les premiers colons furent des Bretons (Bertrand François Mahé de La Bourdonnais de Saint-Malo fut gouverneur des Isles de France et de Bourbon, autres noms de Maurice et La Réunion) à la suite des Portugais (les découvreurs de l’île au début du XVIe s) et des Hollandais au XVIIe s.
Malou a déniché ce lieu paradisiaque : un ancien domaine sucrier dans la nature, à flanc de colline face à la rhumerie… C’est le royaume des oiseaux : le cardinal (avec sa livrée vermillon) et le condé (à huppe noire) viennent souvent nous saluer… L’animal fétiche de Maurice, le dodo, chassé par l’homme, a disparu au XVIIe s.
Une semaine à découvrir :
— MORNE BRABANT : site superbe classé au patrimoine mondial de l’Unesco, un pain de sucre aux parois abruptes à 245 m. C’est au sommet du Morne que les esclaves noirs (appelés « marrons » pour avoir échappé à leur maître) se réfugiaient jusqu’en 1834 (abolition de l’esclavage).
— LA ROUTE DU THÉ : le thé a longtemps constitué la deuxième culture de l’île après la canne à sucre. Nous avons choisi LE DOMAINE DE BOIS CHÉRI : surtout consommé sur l’île mais on peut en trouver en France. Le thé à la vanille est le seul parfumé naturellement avec des gousses de vanille. Nous avons dégusté plus de sept sortes de thé !
— GRAND BASSIN: un confetti indien à 700 m d’altitude ! Une immense statue de la déesse du GANGE et plusieurs temples hindouistes se dressent sur les bords du cratère d’un ancien volcan. À la fin du XIXe s, un hindou a eu une révélation : l’eau du lac de Grand Bassin était en contact avec celle du Gange. C’est un haut lieu de pèlerinage hindou : près de 500 000 personnes lors de la grande fête de Maha Shivaratree (la nuit du Seigneur Shiva) en mars. Un treizième DIEU SHIVA se serait manifesté à Maurice !
Bien sûr, nous avons aussi relu Paul et Virginie qui se déroule à l’île Maurice. Mais notre grande découverte est MALCOLM DE CHAZAL (1902-1981) né dans une famille originaire d’Auvergne. Un auteur inclassable, un « aristocrate de l’esprit », admiré des surréalistes. Un de ces grands marginaux dont la littérature a besoin pour rêver d’elle même. Inspiré par l’île Maurice, il écrit Petrusmok, Le Rocher de Sisyphe et Sens-Plastique. Léopold Sédar Senghor lui confie lors d’une rencontre en 1973 : « La première fois que j’ai lu Sens –Plastique, votre chef d’œuvre, j’ai cru que vous aviez du sang noir ». Malcolm de Chazal lui aurait répondu : « L’art s’est réfugié, est revenu à ses sources : en Afrique et en Inde… Monsieur Senghor, vous le noir et moi le blanc, nous avons tous les deux une âme noire ». À découvrir également Natacha Appanah : romancière née à l’île Maurice. Nous avons apprécié : Les rochers de Poudre d’Or ; lire aussi Blue Bay Palace…
Nous évoquerons d’autres noms, des mets, des couleurs dans les rubriques à droite…
jeudi 6 janvier 2011
Retour des Mascareignes…
"Il y a ici une impression de lenteur, d'éloignement, d'étrangeté au monde des hommes ordinaires (…) et qui fait penser à l'éternité, à l'infini."
J. M. G. Le Clézio. in Voyage à Rodrigues.
BELLE, TRÈS BELLE ANNÉE
À TOUS…
Nous sommes de retour sur notre confetti mahorais depuis le 2 janvier… et à peine arrivés, nous n'avons pu résister à l'appel du MAGNIFIQUE LAGON de MAYOTTE. Depuis mardi nous sommes dans le ravissement de l'aquarium de N'Gouja : PMT (sans les palmes), masque et tuba près de deux heures parmi les poissons lumineux, multicolores et les tortues majestueuses. Mais une fois baptisés (baptême de plongée ce jeudi 6 janvier à N'Gouja), nous vous raconterons nos deux semaines enchanteresses à Maurice et Rodrigues…
vendredi 17 décembre 2010
Vers d'autres îles…
Oui, nous suivons les alertes "jaune", "orange", "rouge"… avant tornades blanches et plaques de verglas. L'hiver s'installe donc sur l'hexagone ! Ici, nous approchons du solstice d'été ! Les jours sont les plus longs de l'année — la nuit tombe peu avant 19 h — et nous nous préparons à la découverte d'autres îles… Samedi 18 décembre, nous dormons à Saint Denis de La Réunion. Et le dimanche, nous partons pour l'île Maurice (tout près du Tropique du Capricorne) : une semaine à La Vieille Cheminée, dans un ancien domaine sucrier, en pleine nature à Chamarel (sud-ouest de l'île). Et le jour de Noël, nous nous poserons à Rodrigues, un autre confetti de l'Océan Indien : à Brûlé, au nord de Grande Montagne, sur la route de Rivière Banane ! Nous vous souhaitons de joyeux préparatifs pour des partages festifs…
Libellés :
À la découverte des Mascareignes…
samedi 4 décembre 2010
Départs pour Mahoré…
Île : nom féminin — isle v. 1138 ; lat. insula —. Étendue de terre ferme émergée d’une manière durable dans les eaux d’un océan, d’une mer, d’un lac ou d’un cours d’eau…
Alors, je prends une feuille, ou plutôt j’ouvre un nouveau document dans Word, une page blanche, une demi page format A4 à l’écran, une île blanche dans la pièce sombre. Les volets sont tirés. L’été s’est installé brusquement. La météo a évoqué des alertes de canicule. Chacun se fabrique une île : une étendue de sol ferme émergée d’une manière durable dans les lumières blanches d’un immeuble, d’un pavillon, d’un camping, d’une plage, d’un jardin, d’un parc ou d’un cours du temps…
Et pour me rendre compte du phénomène, de cette recherche permanente de son île, de son îlot, il me faut sortir de moi, que je sois un instant une des quelconques dizaines, centaines, milliers d’îles… Et dans l’esprit encore embrumé par la sieste et la chaleur cernant les ouvertures de la maison paralysée, ma pensée en un atlas insondable m’embarque pour un périple sans fin… Et je deviens île flottante sur les océans, les mers, les fleuves, les rivières et tous les ruisseaux de la planète.
Toutefois, une île aujourd’hui disparue, introuvable dans les atlas, une île perdue flotte dans mon esprit : une étendue de terre ferme émergée d’une manière durable dans le jardin de ma grand’mère… Elle m’avait laissé construire un minuscule cabanon adossé au poulailler. Il devait ressembler à ces constructions des bidonvilles montées de bric et de broc, à partir de quelques matériaux de récupération : planches mal dégrossies, bouts de tôles ondulées, chutes de linoléum, tuiles ébréchées… Mais c’était mon île refuge dans l’océan de la vie déjà bourdonnante à mes yeux. Je refermais le portillon sommaire — quelques menues planches assemblées à l’aide de vieux clous, deux bandes de cuir faisant office de charnières — et je restais assis dans mon île, à écouter l’obscurité alors que je n’avais encore jamais vu la moindre île, le moindre îlot, ni la mer, ni l’océan… Les maigres bancs de sable dans le lit de la Loire m’étaient les seules étendues de terre ferme émergée connues mais pas toujours de manière durable : ces îlots parfois coiffés d’herbes folles, étaient nomades suivant les forces du courant et du débit des eaux du fleuve.
Depuis, j’ai touché quelques îles, les bretonnes surtout, de Batz à Houat, de Groix à Belle île, de Sein à Arz, d’Ouessant à Hoëdic, et aussi les Cyclades, Santorin, les Canaries, la Sicile, la Corse, Cuba…
Et MAYOTTE demain…
jeanPol
Juillet / Août 2010
***
UNE ÎLE…
Des plantes exotiques, comme on les aime ici.
Des forêts, bien de là-bas, celles-là.
Un bout de ciel, la lune, le soleil, tout pareil à ceux d'ici.
Des sentiers, des montagnes, des rivières, de-ci de-là.
Des senteurs, des couleurs, des saveurs
nouvelles
Des bruits, des étoffes
qui surprennent.
Un bout de terre, petit ou grand,
Indienne aux rivages de sable blanc,
Ils serpentent et longent l'océan, sans amertume,
Ceinture légère bordée d'une broderie d'écume.
C'est une île, petit confetti surgi des fonds marins.
Avec la barrière de corail pour écrin,
Entre Madagascar et le Mozambique,
Elle garde beaucoup de sa sœur l'Afrique.
Inconsciente de ses forces, elle offre ses appâts
Et s'apprête à tomber de Charybde en Scylla.
De ce pas, je m'en vais leur dire
Qu'avant de mal agir, il faudrait réfléchir...
demain, je m'envole,
loin de la métropole
pour Mayotte…
Malou, le 6 août 2010 - J-1
DÉPART
Un parasol terre de sienne brûlée
sous de gros tubes blancs
et derrière des vitres parfaites
des rectangles de bleu azur
L’aéroport Marseille Provence
semble siester à 16h47
ce 25 septembre 2010
seuls quelques enfants
s’agitent sur la moquette grise
Je viens d’enregistrer
mes cinquante huit kilos
de bagages et dans mon dos
me suivent dix kilos
Mon poids dans les deux valises
et les deux sacs à dos
avant mon envol
pour Mayotte via La Réunion
Une Grimbergen me désaltère
une douce clim’ m’ en ve lop pe
entre les sièges métalliques les enfants se poursuivent
et mes voisins sont comme suspendus
L’embarquement du vol UU 946
est prévu à la porte 11
à partir de 17h00
DÉPART à 18h30…
Je suis assis sur le siège 17H allée centrale côté couloir
dans le Boeing 777 de la compagnie Air Austral
jeanPol
25 septembre 2010
DES ÎLES…
DÉPART
Un
deux
trois
Partez !
J'y vais
OU
J'y vais pas ?
Attention au faux départ !
Qu'est-ce que je perds ?
Qu'est-ce que je gagne ?
Ce matin, je me suis levée de bonne heure
Ne dit-on pas que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt ?
Et je suis partie
sur les routes
du monde
Comme un escargot, avec peu de choses sur le dos
mais l'âme pleine de désirs
désir de connaître
de découvrir
de rencontrer
de savourer
d'éprouver
ailleurs
loin
un premier saut
pour un plus grand bond
encore plus légère
encore plus loin
vers d'autres ailleurs
jusqu'à disparaître, me fondre, me dissoudre
petite particule dans l'univers
Malou – 5 novembre 2010 – Mayotte
vendredi 3 décembre 2010
Le "chalet florentin"…
Tout juste arrivée
sur l’île de Mayotte,
elle a visité un "chalet"
au lieu dit FLORENCE
(commune de Dembéni),
au pied des MONTS BÉNARA
(point culminant de l’île à 660 m)
et là : coup de cœur !
Et nous voici
loin de la bruyante Mamoudzou,
au centre de de l'île aux parfums
sur la côte Est
où les baobabs magnifiques
sont de plus en plus présents
en allant vers le Sud
et tout près
d'un des plus beaux lagons du monde…
Ensemble, dans la joie de chaque instant,
nous réalisons un de nos rêves :
vivre dans une maison en bois,
sans vitre ni chauffage
(ni clim’, ni télé…),
dans la « jungle », sur une île…
Les oiseaux, les étoiles, la poésie
nous accompagnent
chaque jour, chaque nuit…
Libellés :
Loin de la Toscane,
loin des sommets enneigés…
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